Quel sera le développement de la mérule aujourd’hui en France suivant les facteurs biologiques et cl

INTRODUCTION

De nombreux départements français sont aujourd’hui infestés par la mérule et le combat que les propriétaires concernés doivent mener pour y faire face est souvent laborieux et coûteux.

Penser pouvoir traiter le problème de la mérule lorsqu’elle a déjà accompli son action sur les éléments non visibles de la construction revient en quelques sortes à vouloir traiter un coup de soleil en mettant de la crème de protection sur les premières cloques… la peau finira par tomber malgré tout.

Ce champignon, comme tout nuisible, a besoin de conditions favorables pour prospérer et se développer. Il est néanmoins évident qu’aujourd’hui l’interaction de différentes pratiques exercées par les particuliers, les professionnels du bâtiment, mais également par les pouvoirs publics et les assureurs, explique ce processus de dégradation qui n’est pas qu’une fatalité biologique et climatique.

Nous verrons qu’il est avant tout un processus sociologique, lié à l’évolution des modes d’habiter, qu’il génère d’autres processus, économique et politique liés quant à eux aux techniques de réhabilitation et aux modes d’action développés par les pouvoirs publics.

Au regard de sa capacité à modifier les interactions entre un certain nombre d’acteurs, on peut se demander s’il existe des solutions, ou des pistes pour, si ce n’est éradiquer totalement la mérule de notre territoire, au moins limiter ou contenir sa progression?

HISTORIQUE :

Les désordres causés par certains champignons domestiques et destructeurs du bois ne sont pas nouveaux. On trouve déjà dans la Bible des conseils pour remédier au phénomène de la mérule, cette « lèpre des maisons », (appelée également « cancer des maisons ») et plus précisément dans des écrits de Moïse datant du XVe siècle avant Jésus-Christ. A cette époque, une maison frappée par ce mal était considérée comme frappée par un châtiment divin, un signe qu’elle était impure et que quiconque y entrerait serait lui aussi frappé d’impureté. Dieu prescrivait alors un cérémonial très précis pour tenter de débarrasser les charpentes et même les pierres de cette « lèpre ». Si le mal persistait, il était alors nécessaire d’extraire et d’acheminer les matériaux souillés dans un lieu lui-même impur, voire de détruire l’ensemble de l’habitation.

L’homologie entre la mérule et la lèpre n’est pas surprenante si l’on analyse leurs conséquences. En effet, dans un cas comme dans l’autre les éléments qui en sont touchés, finissent inéluctablement détruits.

Mais plus proche de nous, la mérule a été un des ennemis les plus redoutables de la Royal-Navy. Au XVIIe siècle, le capitaine Nelson, vainqueur des troupes napoléoniennes lors de la bataille de Trafalgar, a vu une partie de sa flotte anéantie par la mérule! En effet, la recommandation de baigner les troncs d’arbres qui serviraient à la construction de sa nouvelle flotte, pour en extraire la sève, de les faire sécher au soleil puis de les conserver durant un certain temps, avant leur utilisation finale, ne fut pas respectée. La moitié de ses navires ne put jamais prendre la mer.

La mérule n’est en définitive pas un champignon autochtone. Voyageant de port en port, les souches de Serpula lacrymans ont d'abord migré en Amérique du Nord (on la trouve au Québec notamment où elle cause des ravages de grande envergure) puis en Amérique du sud et enfin en Océanie et en Europe.

Elle se serait donc installée en France au gré des échanges commerciaux avec les Etats-Unis, à la fois par l’importation de bois de construction depuis l’Oregon mais plus probablement à la suite de son installation dans les coques de bois des navires marchands, la propageant ainsi dans de nombreux ports de commerce occidentaux. La carte de son infestation en France met bien en évidence ce déploiement le long du littoral.

DESCRIPTION DU CHAMPIGNON

La mérule « pleureuse », est un champignon macroscopique, c’est à dire qui se voit à l’œil nu. En surface, sa substance s’apparente à de la ouate épaisse, ou à une toile d’araignée de couleur blanche, qui petit à petit virera vers le gris. On le qualifie souvent de champignon parasite mais ce terme général est erroné, car un parasite est un organisme vivant qui vit au détriment d'un autre organisme vivant, or le bois mis en œuvre dans le bâti est du bois mort, il s'agit plutôt d'espèces saprotrophes qui entrent dans la famille des nuisibles.

La Mérule se nourrit donc du bois et se propage en le détruisant, lui faisant perdre toute rigidité, d’où un danger d’effondrement si elle s’attaque à des poutres ou des escaliers en provoquant une pourriture à fractures profondes dite cubique. Le champignon doit bénéficier de conditions idéales pour se propager : espaces obscurs, humides, mal aérés et où la température est régulière et tempérée.

En début de croissance, sous sa forme végétative, la mérule s’étend sous forme d’une multitude de filaments, lesquels en s’agglomérant forment le mycélium, de consistance ouateuse ou laineuse assez épais. C’est le contact du mycélium avec le bois humide qui offre au champignon les éléments nutritifs dont il a besoin pour grossir.

Par la suite, si les conditions du milieu deviennent défavorables à la production de mycélium (par exemple par une diminution de l’humidité ou l’absence de substrat nutritif), des structures en